jeudi 29 mars 2012

Rafale... Inde et Brésil même combat

Parus dans la presse, différents articles reviennent sur la volonté du Brésil de pencher pour le Rafale pour peu que ce pays puisse obtenir des rabais sur le prix.
Dans cette optique, le Brésil a pris de nombreux contacts avec l'Inde dont la phase de sélection a retenu comme seul finaliste le Rafale de Dassault.
Bien que la connaissance exacte du prix effectivement proposé par un avionneur dans le cadre d'un appel d'offre soit toujours un exercice délicat, de nombreux paramètres devant être pris en compte, le quotidien brésilien Folha de Sao Paulo estime toutefois le prix des différents candidats pour ce pays à respectivement :
  • 8 milliards de dollars pour le Rafale
  • 7,7 milliards de dollars pour le Boeinge F/A-18 E/F
  • 6 milliards de dollars pour le SAAB Gripen NG
L'intérêt des Brésiliens pour le Rafale existe depuis un bon moment et les prestations de l'appareil en Libye ont conforté l'idée qu'il était performant.
Crise économique oblige, cependant, il n'y a pas de petit profit et l'idée de s'accrocher au contrat indien histoire d'obtenir des rabais de la part de Dassault prend tout son sens, même si le document définitif est encore très loin d'être effectivement signé.
Du côté de Dassault, faire coup double via cet achat cumulé aurait également un sens et permettrait d'asseoir le Rafale sur le plan international.
Reste à savoir ce que Dassault acceptera ou pas en matière de transfert de technologie.
Ceci dit, les responsables en charge du devenir de la société savent pertinemment que les conditions de vente à des pays dits « émergents » passent souvent par cette condition et savent, surtout, ce qu'il y a lieu de transférer ou non.
Il est fort probable en effet que ce transfert de technologie ne sera pas total et que les toutes dernières avancées technologiques développées par les ingénieurs de chez Dassault ne feront pas partie du paquetage.
Dassault prêt à vendre, certes, mais naïf sûrement pas...
Histoire de recadrer un peu les conditions dans lesquelles l'Inde a porté son choix sur le Rafale, la lecture de l'article intitulé « Pourquoi l'Inde a préféré le Rafale » paru en janvier dernier sur le site Challenges est instructive :
« C’est un contrat unique dans l’histoire de l’aviation de combat, probablement le plus important de tous les temps, pointe Richard Aboulafia, vice-président du cabinet de conseil américain Teal Group, spécialiste de la défense. Si cette victoire se confirme, c’est une victoire formidable pour le Rafale, et une validation totale des performances de l’appareil ».
Si les Américains le disent...
Le corps de l'article contient par ailleurs un certain nombre de précisions sur la comparaison relative des prix des appareils en présence, notamment en ce qui concerne la distinction entre prix unitaire et coût total sur le cycle de vie.
Extrait :
La différence de coûts semble, dans les faits, être plus ténue : le coût unitaire du Rafale était estimé à 142,3 millions d’euros par la Cour des comptes en 2010. Le coût unitaire du Typhoon était estimé à 126 millions de livres, soit 150 millions d’euros, par le comité des comptes publics de la Chambre des Communes britannique en avril 2011. Avec des coûts de revient plus faibles, Dassault semble donc avoir un peu plus de marge de manœuvre pour proposer des prix agressifs que le consortium Eurofighter (46% EADS, 33% BAE Systems, 21% Alenia). L’élimination de la compétition au tour précédent des F-18 Super Hornet de Boeing, F-16 de Lockheed-Martin, MiG-35 russe et du Gripen de Saab a aussi balayé d’un coup des candidats qui auraient pu casser les prix avec des programmes souvent déjà largement amortis.
Mais plus que sur le prix unitaire de base, la différence avec le Typhoon s’est sûrement faite sur le coût total sur le cycle de vie de l’appareil, intégrant le maintien en condition opérationnelle (MCO), c’est-à-dire son entretien sur plusieurs dizaines d’années. Dassault était réputé très cher sur ce plan, il vient de prouver qu’il pouvait proposer un prix compétitif, sans lequel il n’aurait eu aucune chance en Inde.
Bonne lecture...

Aucun commentaire: